Résolution du Parlement européen appelant à une réforme de la CFP : inapte à ses objectifs pour les flottes côtières de petite taille

Outre la reconnaissance, les flottes côtières de petite taille ont besoin d’une approche différenciée, avec un accès sécurisé aux ressources et aux marchés – et pas seulement de la sympathie..

Le Parlement européen Résolution sur l’évaluation de la politique commune de la pêche La loi adoptée à Strasbourg la semaine dernière apporte un soutien politique aux flottes côtières de petite taille (SSCF), mais ne traite pas ces flottes comme une partie distincte de la flotte qui nécessite une approche différenciée et qui devrait bénéficier d’un accès préférentiel aux zones de pêche côtières et d’un soutien pour apporter des avantages environnementaux et sociaux. 

Jeudi 17 septembre 2026, session plénière du Parlement européen à Strasbourg a adopté un projet de résolution sur l’évaluation de la politique commune de la pêche (PCF) et les mesures de suivi. La motion a été proposée par 4 groupes politiques – le PPE, l’ECR, le S&D et le Groupe de la réforme. Les contre-propositions des autres groupes politiques (Gauche, Verts et PIE) ont été rejetées.

La résolution invite la Commission à soumettre avant la fin de 2026 un paquet de révision et de simplification ciblés et ambitieux afin de remédier aux graves défis socioéconomiques, aux contraintes réglementaires et aux pressions géopolitiques. Elle appelle à une révision complète de la PCP afin de permettre la modernisation et le renouvellement des flottes ; à une simplification réglementaire (notamment la réglementation de la pêche contrôlée) ; à une plus grande flexibilité dans la pêche mixte pour faire face aux prises accessoires indésirables, aux espèces chassantes et également à une plus grande flexibilité dans la mise en œuvre de l’obligation de débarquement ; à une réévaluation de l’impact des différents engins sur le fond marin afin d’encourager la sélectivité et la décarbonation ; et à une prise en compte des considérations socioéconomiques lors de l’établissement des TAC, en tenant dûment compte des meilleures données scientifiques disponibles.

Alors que la résolution cite les travaux antérieurs du Parlement sur l’article 17 de la CFP et les avancées récentes, ses paragraphes d’application ne disent presque rien sur sa mise en œuvre, en ignorant les conclusions de l’évaluation de la CFP effectuée par la Commission. Je suis largement d'accord Selon les conclusions de l’évaluation, les lacunes actuelles de la politique ne résultent pas tant du cadre de la CFP en lui-même que de la mise en œuvre et de l’application inégales par les États membres, ce qui n’est pas pris en compte dans la présente résolution. 

La vie aurait Il aurait apprécié de voir une invitation explicite à mettre en œuvre l’article 17 dans l’esprit de la loi (conformément à l’article 33 du CFP (Règlement 1380/2013)) en allouant des quotas en fonction de critères environnementaux, sociaux et économiques transparents à :

  • récompenser la pêche sélective, de faible impact et localement ancrée grâce à des quotas supplémentaires ;
  • réserver une partie des possibilités de pêche pour le SSCF ;
  • faciliter l’accès des jeunes pêcheurs et des pêcheurs nouvellement engagés grâce à des quotas strictement réservés et à un soutien sectoriel ;
  • des allégations historiques correctes qui ont consolidé la part de marché dans les mains des opérateurs actuels et plus importants.

La viabilité de la SSCF dépend moins de la reconnaissance générale que de l’accès sûr aux ressources halieutiques. La simplification des règles ou la modernisation des navires ne suffiront pas à aider les pêcheurs qui n’ont pas de quotas suffisants ou qui ne peuvent pas participer aux pêches réglementées par des quotas. Il convient également de noter que la viabilité du SSCF, même pour ceux qui bénéficient d’une quota, est de plus en plus compromise par l’absence de poissons dans les eaux côtières, due à l’épuisement des stocks et aux effets du changement climatique et de la pollution.

La résolution appelle à placer les considérations socioéconomiques au même niveau que les avis scientifiques, mais cela ne doit pas être utilisé pour fixer des captures supérieures aux limites scientifiques de précaution ou pour ne pas répondre à la nécessité d’arrêter la surpêche. Pour le SSCF, les stocks sains constituent la politique sociale indispensable pour les communautés de pêche, associée à un soutien ciblé à court terme lorsque des mesures de relèvement sont nécessaires.

Les écosystèmes vulnérables doivent être protégés. Il est justifié de distinguer les engins de pêche de fond, tout comme de restreindre ceux qui ont le plus d’impact. Cependant, affaiblir la protection des habitats ne servirait généralement pas les SSF côtiers qui dépendent de systèmes écosystémiques fonctionnels.

Les appels à la simplification devraient viser à réduire les charges administratives inutiles et à assurer une mise en œuvre efficace. Ils ne doivent pas signifier une traçabilité moindre, des données de capture moins fiables, une moindre surveillance des exploitants plus importants ou des normes environnementales et sociales plus faibles. Une mauvaise gestion profite souvent aux exploitants possédant une capacité de capture plus importante et nuit aux pêcheurs artisanaux respectueux des règles. Par conséquent, le principe devrait être différenciée par une mise en œuvre proportionnée, associé à une réglementation efficace, plutôt que de la déréglementation générale.

Parlons-en : le SSCF assure la création de plus de 50% emplois maritimes et produit près de 20% de la valeur des captures, générant des avantages sociaux et économiques vitaux dans les zones côtières, en assurant des moyens de subsistance et un commerce. Ces activités sont confrontées à des menaces existentielles que cette résolution ne vise pas à aborder.

Fichier de procédure

Texte adopté